Mondial Delta 2017 Brasilia / 8ème Manche

Le moment de l'acceptation. C'est un point délicat et crucial du vol, celui qui va faire basculer notre attention de la compétition à l'atterrissage. Bien sûr vous savez à l'avance où vous allez poser, vous avez enregistré de façon automatique les différentes possibilités qui s'offrent à vous et à mesure que votre altitude diminue vos choix se restreignent. L'acceptation c'est le moment ou vous décidez que la manche est terminée pour vous et qu'il est temps de revenir sur terre.
Lorsque vous arrivez au goal l'acceptation est facile, l'objectif à été atteint au moment ou votre GPS s'excite, votre
course est terminée que vous ayez été rapide ou pas. Par contre, en milieu de parcours, alors que la course n'est pas
terminée, alors que vous n'avez pas abandonné mais que la gravité à eu raison de vous, c'est une autre paire de manche.
Connaissez-vous un autre sport ou il faille ainsi prématurément accepter que vous ayez perdu pour vous concentrer sur
l'aboutissement de votre art ? Certe, si le terrain pour poser est grand et généreux on peut repousser cette décision mais
il se présente un moment où la raison prend le dessus sur la combativité. Il faut alors mettre son orgueil de côté, tirer
un trait sur vos objectifs, accepter d'avoir perdu alors même que vous volez encore. Vous êtes seul à décider du moment et
bien que ça paraisse être sous la contrainte de la sécurité, c'est votre décision et c'est louable. D'autant plus louable
que l'enjeu et l'orgueil sont grands. Votre vario bip encore mais c'est le dernier virage et la sécurité prime. Ou alors
pire, le 0 que vous dérivez vous amène vers une zone imposable et il vous faut quitter l'ascendance. "Si seulement
je l'avais eu 30 secondes avant!" Mais l'erreur n'est pas de ne pouvoir remonter. L'erreur est bien avant, c'est la succession
de décisions qui vous ont ammené à être aussi bas.

Aujourd'hui à nouveau une manche compliquée ou les pilotes se jettent sur le plateau pour atteindre la première balise malgré un plafond bas à la 1ère, la 2° et la 3° START. Une interminable remontée dans des petits varios qui nous sur des ravines mal pavées. J'ai eu l'impression de subir un capitalisme ascencionel pour reprendre les mots du doc. Les thermiques semblent s'intensifier à mesure que l'on monte. Mais l'inverse est vrai aussi et le cercle vertueux se transforme en spirale infernale.
Plus on descend et plus les thermiques faiblissent. Gare à ceux qui veulent faire de la séléction de thermiques. Un deuxième piège nous attend aux abords de la deuxième balise en se rapprochant de la "dead zone" le reste du vol semble plus tranquille mais c'est une course contre la montre que nous avons perdu en ne prenant pas la première START. Au final
personne n'arrivera au but mais la manche vaut 900 points. Mario termine 13 et Christian 30 en faisant le dernier tiers sans
vario et sans GPS. Françoise complète les points de l'équipe. Surtout à la veille de la dernière manche les 4 premiers se
tiennent à 50pts les uns des autres (6pts entre les 2 premières places). 2 Tchèques et deux Italiens, le début d'une passassion ?
Le suspense est là et nous seront au premières loges pour assister à cette course qui s'annonce épique.

Laurent T

La "grappe" avant la start de la 8ème manche

Françoise Dieuzeide au décollage

Mario ALONZI après son départ de la 8ème manche

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