Le vol du samedi 20/04/2019 depuis Montmin avec une Bautek FIZZ

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trace GPS2019-04-20-igcfile-164171-175200.igc
decollagesam, 20/04/2019 - 12:22 UTC
atterrissagesam, 20/04/2019 - 15:56 UTC
Plafond max3461 m
Vz max+5.2 m/s
Nombre de points de la trace6292
intervalle moyen d'enregistrement1 point/2s
Trous dans la traceOui, le plus long de 30s
cryptage FAIOK. signature = fly

Télécharger la trace :


Astuces d'utilisation de la carte : ( visugps, une réalisation VictorB)

Recit pour mon vol de 123 kms du 20/04/2019

récit du vol: 

Quand je pense que j'ai failli ne pas y aller ...

A midi les plafonds étaient déjà hauts. Du coup on est montés vite fait au déco de la Forclaz. Bizarrement, la brise au déco était faible et n’incitait pas à se mettre en l'air rapidement.
En général quand la masse d'air est instable ça pulse déjà à partir de midi, mais là rien. Du coup on a patienté et patienté ... il y avait bien de temps en temps quelques bouffes plus fortes, mais la brise restait faible.  Le Sud-Est annoncé en serait-il responsable !?

Autant elles sont plutôt envahissantes à la Forclaz, mais là pour le coup on était bien content de voir les méduses se mettre en l'air.  Conclusion : masse d'air peu engageante ...

Enfin elles ont commencé à monter et les biplaceurs delta qui n'ont pas le temps d'attendre ont fini par nous convaincre que la partie pouvait commencer.

Déco: brise toujours faible, puis le classique quart de tour à droite direction "Coche Cabane" et le 1er thermique qui me hisse à plus de 2000m où je retrouve Ante et Sylvain à qui je fais signe direction Lanfont (ils ne sont pas en radio).
Direction Lanfonnet où je prends un thermique qui me propulse à plus de 2500 m ... pas de doute, aujourd'hui les conditions sont atomiques avec de très hauts plafonds. Lanfonnet - Lanfont ... çà n'arrête pas de monter. Je quitte le Lanfont à 3100 m direction Parmelan où je ne suis jamais arrivé aussi haut.

Mais pourquoi ont-ils mis cette TMA sur le Parmelan ???
Des plafonds de dingue et on ne peut même pas en profiter :-p

Bon 2900m c'est suffisant pour tirer tout droit sur Soudine.

Le thermique est là dans la cuvette pas vraiment turbulent puis je m'avance vers la plaine avec l'idée d'agrandir le triangle car mon parcours je l'ai déjà en tête. Je l'ai étudié de nombreuses fois sur XC planner. 
Comme ça a été si facile à l'aller j'ai suggéré aux autres (Dirk, Michel, Maxime) de tenter Soudine, sauf qu'au retour je n'ai pas emprunté le même chemin qu'à l'aller et me suis retrouvé dans la dégueulante du Parmelan. Déjà qu'ils hésitaient à faire le saut ... l'envie leur est passée.
L'avantage de cette dégueulante, c'est que je me suis retrouvé bien en-dessous du plafond de 2800 du Nord du Parmelan. 
Le temps que je remonte, Dirk et Michel étaient au Veyrier haut perchés. 
Avec des plafonds pareils et une si bonne instabilité, pouvait-on leur conseiller autre chose que de tenter la traversée du lac vers le Semnoz. C'était l'occasion idéale ... le premier a dit banco et le second le regrette énormément.
A mon tour j'arrive au Veyrier fait presque le plein puis tire la ficelle et la barre. 

A ma grande surprise, quand j'arrive au niveau de la 1ère ligne haute tension je vois Dirk qui vire à gauche direction Roc des Bœufs et ce sans avoir au minimum pris la peine de chercher à raccrocher le Semnoz pour y faire le plein (incompréhensible, même maintenant que je connais le motif de ce changement soudain de trajectoire) résultat : posé au pied du Roc des Bœufs à Saint Jo.

Qu'à cela ne tienne, pour moi tout va bien. Un peu froid aux mains, mais rien de comparable avec le samedi 13/04. La masse d'air au Semnoz est saine avec des thermiques que je n'exploite pas vu mon altitude. Le seul thermique que je prends me hisse bien haut, je le quitte à 2600 avant le plafond. En avant l'overdrive, donnons le tournis à l'anémomètre.  Le cheminement Banges Revard Sire se fait sans grosses difficultés, à vrai dire ... ça n'a jamais été aussi facile.

Pendant ce temps Maxime avait fait le plein au Veyrier et compte-tenu de la masse d'air que j'avais rencontrée, je lui ai indiqué que s'il le sentait il pouvait tenter la traversée, raccrocher au Semnoz et y faire le plein était assuré.

Au Nivollet, je fais le plein et monte à plus de 3200 m ... mon projet de parcours : un triangle FAI de plus de 120 km (Soudine - Nivolet - Dent d'Arclusaz -Grand Arc puis retour par Belle étoile et la boucle est bouclée)
Je tire tout naturellement vers le Mont Colombier en passant par la Margériaz (où vue mon altitude et l’absence de thermique intéressant je ne m'attarde pas). 
Plus j'avance et plus mon vario descend dans les graves  :-(  je tire d'autant plus sur la barre pour traverser cette dégeulante, mais dégueulante de quoi ? sous le vent d'un thermique en plein milieu de vallée ... peu probable,
sous le vent d'un relief,  mais ça ne colle pas vraiment il y a bien du Sud-Est annoncé et vu l'orientation du massif, il devrait canaliser tout ça dans le sens des vallées.
Eh ben non, ici il y a probablement de l'Est et je me trouve sous le vent des Rochers de la Badaz (Sud du Mt Colombier).

Hheee Hhhooo, qui à mis l'essoreuse en route ... Bim bam boom ... je ne me suis jamais fait autant chahuter que ça. Je m’accroche à la barre, essai d'exploiter les mines qui montent tout en évitant les grosses dégeulantes d'à coté. J'ai pas envie de m'éclater, pas envie non plus de poser dans la vallée alors je m'accroche à la barre comme jamais. 
Pendant que j’essaie de me sortir de ce mauvais pas, j’aperçois en contre-bas, posé dans un alpage, l'hélico de secours (au moins s'il m'arrive un truc ... :-) ). S'il y a l'hélico c'est sûrement qu'un malheureux parapentiste s'est retrouvé dans la même galère que moi. Avec toutes ces turbulences, je n'ose imaginer ce par quoi il est passé. 
C'est quand même bien d'avoir une structure rigide au-dessus de la tête.
Au final, j'ai réussi à remonter suffisamment pour avancer vers le nord et me retrouver mieux abrité sous le Mt Colombier, j'y exploite beaucoup plus facilement le thermique que je trouve, et arrive à m'élever au-dessus du relief. Ma dérive passe du Nord à l'Ouest. Plus de doute il y a du vent d'Est.

Arriver à la Dent d'Arclusaz par l'Ouest avec du vent d'Est ... non ... pas la meilleure idée, surtout après le mauvais quart d'heure que je viens de passer. Du coup changement de plan. Avec une balise à la Dent de Cons ça fera aussi un triangle FAI  avec une probabilité bien plus grande de boucler le circuit.
Je file droit sur le Trélod.

Profitant du répit, je reprends contact avec Maxime qui se trouve vers le Nivollet. Je lui conseille de poursuivre son périple en remontant vers le Semnoz car c'est turbulent dans les Bauges (aucune utilité d'en dire plus)

Au Trélod j'arrive haut et repart encore plus haut 3400m. Je survole le PNR puis après quelques virages en court de route j'arrive à la Dent de Cons.
Il n'est pas très tard, j'ai encore beaucoup d'altitude du coup je m'avance dans la vallée avec 10-15 km/h de vent de face. Quelques kilomètres pour élargir le triangle … des points en plus pour la CFD :-)
En milieu de vallée je suis encore à 2700m largement de quoi rejoindre le Mont Mirantin et derrière la vallée de la Tarentaise et toutes ses faces orientées en Ouest.
Mais quelles conditions aérologiques y aurais-je rencontrés ? Du vent d'Est fortement canalisé par la Tarentaise, un vent d'Est dévalant le Mirantin ?
Je décide de faire demi tour et après un dernier plein je rentre tout droit vers la Forclaz la barre au nombril.

Ce qui est étonnant, c'est qu'on à beau connaître les lieux, y avoir voler un bon nombre de fois … il y a toujours des surprises.
J'étais à 2000m au niveau du « chalet de l'américain » mais ne me suis jamais retrouvé aussi vite au sol. Du -3, -5 m/s tout du long et pour couronner le tout, un posé en Est (du jamais vu).

Maxime a réussi à retourner au Semnoz, à y faire le plein et rentrer sans encombres à Doussard. Dommage qu'il n'ai pas de GPS, mais les 90 km il les a fait et pour sûre que ce vol il ne l’oubliera pas.
A propos, Maxime ça fait 2 ans qu'il fait du delta … alors BRAVO !!!

De mon coté je suis RAVI du vol que j'ai fait. Et pour couronner le tout, je découvre le soir ma vitesse sur le parcours. 36 km/h de moyenne !
J'ai jamais volé aussi vite.